[ITW] Pour manger local, « La cagette, ça en jette ! »
Suite de notre série « Témoignage pour une alimentation durable » avec Pauline Sourdin, présidente de La Cagette des Etudiants.
La Cagette, késako ? Un système de panier de fruits et légumes vendus en circuits courts créé par et pour des étudiants et basé à Paris.
Mise en place, vie de l’association, difficultés, futures… Pauline nous dit tout ! Interview…
Courts-Circuits.com – Peux-tu nous décrire comment s’est construit le projet de « La Cagette » ?
Pauline Sourdin - L’initiateur du projet est Gauthier Rousseau. Lui et moi étions tous les deux en service civique volontaire au sein du REseau Français des Etudiants pour un Développement Durable (REFEDD). Il nous a parlé du projet au sein du REFEDD et j’avais très envie d’y contribuer.
Le plus compliqué a été de trouver un producteur. Nous avons commencé par aller sur les marchés chercher un maraîcher installé en région IdF. Ils étaient rares et rarement en bio ou en agriculture raisonnée.
Finalement c’est en échangeant avec une AMAP étudiante, MPEPS, installée à la faculté de géographie de Paris 1, que Gauthier a réussi à contacter Patrick Boumard, notre producteur actuel. Il livre plusieurs AMAP étudiantes et il lui restait une place pour une dernière : nous avons eu de la chance !
Depuis la rentrée 2011, nous avons structuré l’association, à chacun son rôle. Cela nous permet de discuter en groupe des projets et de l’organisation. Nous sollicitons également tous les adhérents à chaque livraison en leur rappelant les projets en cours ou même leur suggérer de ne pas hésiter à nous proposer des choses.
Pour l’instant nous sommes en autosuffisance grâce aux adhésions des membres (adhésion annuelle de 10 euros). Etant donné que l’association a fêté sa 1ère année en janvier, les projets restent pour l’instant assez petits.
CCC – Quels sont les projets de l’association ?
P.S. - Nous en développons plusieurs.
- Des ateliers de sensibilisation à une alimentation ou une consommation responsable (ex. fabrication de meubles en carton)
- Des diners collectifs (chacun apporte un plat cuisiné à partir des ingrédients de la Cagette)
- Des sorties cinéma (cet hiver nous avons été voir « Tous au Larzac »)
- Une visite de l’exploitation de notre producteur
- De la sensibilisation au lombricompostage
CCC – Pauline, tu es la présidente de cette « Cagette », quel est ton rôle ?
P.S. - Je suis chargée des projets et des évènements et de la gestion des adhésions. La trésorière quant à elle est chargée de gérer les chèques et espèces remis au producteur et la secrétaire s’occupe de la communication.
Mais finalement nous nous entraidons mutuellement sur les différentes taches car elles requièrent beaucoup de temps.
« Un public étudiant ou au moins jeune »
CCC – Quel différence y a-t-il avec un système d’AMAP plus classique ?
P.S. - L’association est réservée à un public étudiant ou au moins jeune, notamment du fait du lieu où nous sommes domiciliés : la Maison des Initiatives Etudiantes.
De plus, du fait de ce public particulier nous proposons des contrats mensuels d’engagement et non saisonniers ou annuels comme le font les AMAP. Finalement nous ne pouvons nous qualifier d’AMAP puisqu’il existe un réseau détenant cette qualification et nous ne répondons pas aux critères (notamment du fait de l’engagement au mois).

CCC – Selon toi, qu’est-ce qui fait que le projet marche ? Quelles difficultés avez-vous également rencontrées ?
P.S. - Le projet fonctionne pour au moins trois raisons :
- Le lieu nous aide beaucoup, nous sommes au cœur d’un bâtiment où les étudiants issus d’associations sont nombreux. De plus, étant un bâtiment de la Mairie de Paris, le Directeur nous fait beaucoup de publicité. Enfin, nous sommes en contact avec des associations d’envergure nationale comme le Réseau Animafac, le REFEDD ou encore l’Appel de la Jeunesse qui nous a d’ailleurs invité à participer à sa Greenpride en Novembre dernier.
- La mensualité des contrats, beaucoup plus adaptée aux étudiants et finalement les gens sont assez fidèles et reviennent chaque mois.
- Sans doute le développement de projets autres que la simple livraison de cagettes comme cité précédemment.
Mais les difficultés sont aussi présentes :
- Nous restons très peu nombreux à être engagés au sein de l’association, nous sommes une petite équipe de 7 ou 8 personnes restant aux permanences lors des livraisons. Contrairement aux AMAP nous n’obligeons pas les gens à effectuer des permanences. Nous souhaitons que cela se fasse volontairement. Mais c’est très difficile. Les gens prennent leur cagette et repartent très souvent. Certains restent parfois mais il faut les solliciter.
Nous tentons de proposer un verre de jus de fruit ou un thé pour essayer de les faire rester…
- Lorsque nous proposons des projets ou évènements, les adhérents sont très peu nombreux à participer. C’est très souvent la même équipe des 7 ou 8 personnes qui demeurent présentes.
Mais en y réfléchissant, c’est assez normal, l’association n’a qu’un an. En espérant que cela se développe pour les prochaines années.
CCC – Comment gérez-vous les vacances scolaires et en particulier les grandes vacances ?
P.S. - La Cagette ne propose aucune livraison pendant le mois d’Août car la MIE est fermée. Sinon les livraisons ont lieu toute l’année.
« Préoccupés par leur avenir et par celui de leur environnement »
CCC – Crois-tu en la pérennité de ce projet ?
P.S. - Oui bien sûr. Les jeunes sont réellement préoccupés par leur avenir et par celui de leur environnement. Les choses bougent et ils comprennent que l’alimentation est au cœur des maux actuels de notre société. Que ce soit en matière d’agriculture et de ses conséquences sur la situation des agriculteurs ou encore que ce soit en matière d’industrie, de son exploitation nocive de l’environnement et des conséquences du commerce mondiale sur les activités locales, naturelles et artisanales.

CCC – Quels sont les perspectives de ce projet ?
P.S. - Le but est de pérenniser l’objectif principal : permettre à un public jeune de consommer des fruits et légumes locaux, de saison et bio et recréer du lien entre eux et le producteur. Aussi il est primordial de maintenir des actions collectives comme nous proposons cette année afin de faire se rencontrer les gens et que tous puissent échanger que ce soit en matière d’alimentation responsable ou en matière d’autres alternatives pour une société responsable.
CCC – Le mot de la fin, pourquoi t’engages-tu à titre personnel dans le domaine du développement durable ?
P.S. - Parce que c’est la seule chose en laquelle je crois aujourd’hui pour parvenir à une société basée sur le respect dans tous les domaines !
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